sécheresse potager

Pas de potager sans soleil ni … eau ! Nos étés devenant de plus en plus secs, gérer l’arrosage n’est pas une mince affaire parfois…

Le premier adage à appliquer et que tu entendras souvent est :
« Un binage vaut deux arrosages ». Un binage c’est ‘décrouter’ la
terre, c’est utiliser une binette pour gratter en surface tes plates bandes. Cela permet à l’eau de s’infiltrer aisément et ne pas s’évaporer en surface mais aussi d’éviter aux ‘mauvaises’ herbes de s’installer. Un binage s’accompagne généralement d’un paillage : un couvert de paille, de feuilles, de déchets verts autour des plantations pour limiter que la terre ne s’assèche trop vite avec le soleil et le vent.

La gestion de l’eau pour moi a été un peu compliquée au départ. Ma terre étant de type sablo-limoneux, l’eau percolait vite et la terre n’était jamais humide même si j’arrosais tard le soir. J’ai donc dû améliorer ce point car, je l’avoue, la méditation de l’arrosage ça va 20 minutes après ça commence à m’énerver 🙂 . En plus de la question de temps, arroser tous les jours n’est pas vraiment une manière durable de faire les choses. Après 3 ans, le design de mon potager se stabilise et après différents tests ‘essais-erreurs’, je commence enfin à maitriser la gestion de l’eau dans mon potager.

Quand on pense arrosage, on pense rapidement à se munir d’un tuyau relié à l’eau de ville… Certes c’est pratique (et parfois inévitable) mais 1-on n’est pas vraiment dans une démarche d’autonomie, c’est coûteux et pas durable, 2-cela ne résout pas le ‘problème’ du temps passé à arroser manuellement. Il faut donc penser à 2 critères indissociables l’un de l’autre : l’origine de l’eau utilisée et l’automatisation maximale des arrosages. A l’heure actuelle, j’ai donc opté pour 3 systèmes d’arrosage qui se complètent.

La cuve à eau de pluie

Je me suis équipée d’une réserve d’eau de pluie qui est reliée à la gouttière de l’abri de jardin. En général ce sont des cuves en plastique de 1m3 entourée d’un treillis de maintien en métal. Surélevée de 50cm et munie d’un robinet, il est facile de remplir un arrosoir pour les arrosages d’appoint. Je pense à en acquérir une seconde car c’est vraiment pratique et j’aimerais que Monsieur S. trouve un système qui permette de relier ces cuves à un réseau de tuyaux d’arrosage dispersé dans le potager. Mais là on est encore dans le domaine du rêve et surtout de l’ingénierie car on parle ici de ratio de pression, de hauteur et de distance 🙂 . M’enfin, CA ce serait le luxe ultime et je ne désespère pas d’y arriver.

On trouve facilement ces cuves d’occasion sur les sites de seconde main ou de troc mais faîtes attention à bien demander si la cuve a déjà servi ou non. Si elle a servi, assures-toi qu’elle n’a contenu aucun produit chimique…. A placer idéalement à l’ombre pour éviter le verdissement de l’eau; vider la cuve chaque hiver, la rincer et la remplir dès le mois de mars/avril. Ne te laisses pas surprendre comme moi il y a 2 ans, j’ai attendu mi-avril et la pluie n’est jamais venue pendant … 2 mois !!

Il t’en coûtera entre 25 et 40 euros pour une cuve de 1m3, ce qui en soit n’est pas grand chose car on garde la cuve advitam eternam.

Les oyas d’argile

Les oyas sont des pots en argile poreux façonnés main que l’on place en terre et que l’on remplit d’eau de pluie (pas d’eau de ville calcaire qui réduirait la porosité des tes oyas avec le temps). C’est le principe de capillarité : l’eau est diffusée à la terre sèche au travers de l’argile. Ce moyen d’arrosage est ultra efficace car l’eau est distribuée sous la surface, il n’y a donc pas de perte par évaporation 🙂 Un oya de 10l est suffisant pour alimenter un carré potager de 1m2 pendant 1 semaine. Je les utilise surtout pour les cultures longues comme les légumes racines que je cultive en carré : je mets un oya au centre, je remplis une fois par semaine et je les laisse vivre leur vie jusqu’à la récolte… Magique !

Un oya de 10l acheté dans une coopérative éthique dans le sud de la France m’a coûté 20 euros ce qui n’est pas excessif en soi mais peu le devenir quand on multiplie les quantités… Qu’à cela ne tienne, c’est un investissement durable, qui soutient l’économie éthique, façonné main avec amour (et donc d’une vibration unique) et qui dure longtemps pour peu que l’on en prenne soin : ne pas utiliser d’eau calcaire et les sortir de terre avant les premières gelées.

Le système d’arrosage automatique

Et oui, certains crisseront des dents mais j’ai dû me rendre à l’évidence : terre sablo-limoneuse + canicule + superficie = récolte limitée…

J’ai donc fait le choix d’installer un système d’irrigation muni d’un réseau de petits tuyaux et d’une minuterie automatique branchée sur l’eau de ville. Pendant les 4 semaines de canicule de cet été, il a fonctionné 15 minutes au goutte à goutte chaque nuit et ça a tout bonnement sauvé ma récolte ! Et je l’avoue : m’a libéré beaucoup de temps.

Ce système complet m’a coûté environ 100 euros, comme je suis de nature soigneuse, j’estime que je pourrais le garder environ 8-10 ans et je pense que c’est tout à fait correct comme rapport prix/longévité (soit ~10 euros/an).

Voilà les petits conseils ‘arrosage’ que je peux te transmettre directement issus de ma propre expérience. Ils ne sont pas exhaustifs mais ils ont fait leurs preuves et si j’avais eu ce genre de conseils ‘simples’ dès le départ je n’aurais certainement pas perdu autant de temps sur le net à chercher des infos, des tutos et des partages d’expériences..

Allez les Greenies, à très vite pour d’autres aventures 🙂

Avec passion et conviction, Valérie

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