Autonomie alimentaire - Créer son premier potager - Par Valérie Marie du Blog Transitiongourmande.com

Même si le but ici de lancer son premier potager sans chichis, il y a quand quelques basiques à connaître pour potager. Ne serait-ce que pour frimer quand on en parle 🙂

Pourquoi ai-je envie de créer mon potager ?

Est-ce que c’est pour respirer l’air frais dans mon jardin après le boulot ? Est-ce que c’est pour reprendre une forme d’autonomie alimentaire ? Est-ce que c’est pour passer du temps ludique avec les marmots ?

En fonction de ce que tu recherches, cela influencera différents paramètres comme la surface de culture, le type de légumes/fruits à planter, la quantité à semer/planter….

Mon conseil pour un premier potager est de commencer petit pour se faire une idée du métier de potagiste. Alors c’est quoi petit ? 🙂 je dirais que commencer avec une surface de 3m sur 3m c’est déjà pas mal. Il te sera toujours possible d’augmenter la surface par la suite. Ne vas pas choisir ces 3X3m coincés entre le garage et le mur du voisin car pour agrandir par la suite ça va être difficile. Choisis un endroit ni trop prêt (un potager c’est quand même du foutoir parfois:-)) ni trop loin de la maison (on a parfois la flemme d’y aller pour chercher ses herbes quand on cuisine… surtout quand il pleut…). Et choisis surtout en endroit ensoleillé (primordial).

Je t’invite à lire également l’article « Le mythe du jardinier qui a la main verte«  pour connaître ton Grand Pourquoi 🙂

Qu’est-ce que j’ai envie de cultiver ?

Règle d’or : Fais-toi plaisir ! Au début, j’ai mis la barre beaucoup trop haut. Et comme je suis une grande expérimentatrice, j’ai voulu tester trop de chose, y compris ce que je n’aimais pas ! Stupide me diras-tu ? Et ben pas tant que ça car prends par exemple les aubergines, je ne suis pas fan mais mon compagnon adooooore les aubergines ! Et bien pour lui faire plaisir (faire plaisir aux autres on connaît ça… hein les filles ?), j’ai planté des aubergines sauf que… les aubergines au début c’est pas forcément évident. Nos amis du sud ne comprendront pas mais ici on est plus habitué à cultiver des chicons (des endives si vous préférez) que des aubergines 🙂

Bref ! (oui je sais je suis une vraie pipelette :-)), j’ai planté des aubergines, j’en ai récoltée UNE la première année et ça m’a vraiment mais VRAIMENT frustrée parce que dès le début j’avais pas envie de mettre des aubergines et j’ai fait beaucoup d’efforts pour pas grand-chose au final !

Donc, pour une première, plantes ce que tu as envie de manger. Ca te donneras la motivation nécessaire pour faire ces efforts que nécessitent la mise en place de nouveaux projets. Et surtout, tu seras tellement fière de toi au moment de les savourer que ça te donneras envie de recommencer !

Quel type de terre ai-je dans mon jardin ?

Une terre argileuse et différente d’une terre sableuse. La première est plutôt compacte, parfois rougeâtre et retient l’eau. La seconde est plutôt friable (comme du sable quoi :-)), plutôt brun-noir et ne retient moyennement l’eau. En fonction de la prédominance de ta terre, les amendements (çàd l’apport d’éléments nutritifs) et le type de plantation devront être adaptés. Si tu connais ton type de terre, les maraîchers et les pépinièristes pourront alors t’orienter plus facilement vers tel ou tel légume lorsque tu achèteras tes graines ou tes plants.

Chaque type a ses avantages et ses inconvénients :

  • La terre argileuse : retient bien les éléments nutritifs, la terre ne se dessèche pas facilement mais à contrario si tu habites une région pluvieuse, certaines cultures seront plus difficiles (aromatiques, oignon, ail, échalote…). Il faudra penser alors à cultiver sur butte.
  • La terre sableuse : se réchauffe très vite au printemps (et donc avance le semis et la plantation de parfois 2 semaines), est idéal pour certaines cultures (aromatiques, ail/oignons/échalotes, légumes racines, asperges…) mais à contrario, l’eau y percole vite et entraine avec elle les éléments nutritifs. Pour la culture de légumes gourmands en eau (céléri-rave, salade…), il faudra penser soit à améliorer la structure de la terre (un peu de tourbe, bentonite, compost…) ou alors penser à la gestion de l’eau (oya, système irrigation…).

A lire : ‘5 légumes faciles pour une terre argileuse‘ et ‘5 légumes faciles pour une terre sablo-limoneuse

Des fruits dans mon jardin - Blog Transition Gourmande
Est-ce que j’ai envie de cultiver en été seulement ou en toute saison ?

J’ai mis du temps à comprendre que l’on pouvait cultiver en toute saison. Bien sûr, l’hiver reste une saison plus calme mais il est possible de cuisiner le repas du soir avec des légumes juste cueillis au jardin et ça c’est bonheur ! Il en sera différent pour les fruits bien sûr où l’hiver offre peu de fruits à cueillir sur l’arbre. Enfin,  surtout si tu habites un pays tempéré comme la Belgique où la chaleur et le soleil font défaut dès le mois de novembre parce que si tu habites en Provence petite veinarde alors ce sera différent pour toi et LA, je suis jalouse 🙂

Bref, j’ai été surprise que oui on peut récolter des poireaux l’hiver, des choix de Bruxelles délicieux après une première gelée ou encore goûter les premiers épinards dès le mois de mars.

Pour un premier potager, je te conseillerai néanmoins de débuter par des légumes d’été histoire de te faire la main.

Est-ce qu’il y a une âme charitable qui veut bien venir arroser pendant que nous sommes en vacances ?

On y pense pas mais un potager ça vit ! Il est comme nous, il a besoin d’eau et ce paramètre risque de s’intensifier avec les années à venir car perso je l’ai bien vu ces 3 dernières années, les épisodes de canicule qui s’intensifient et durent dans le temps, ça commence à devenir régulier.

Pour faire simple, la saison d’été au potager débute à la mi- mai après les saintes-Glaces ou après la floraison des Lilas disaient les anciens mais ça change aussi car les lilas chez moi fleurissent de plus en plus tôt (mais arrêtons ici avec le changement climatique, ce n’est pas l’objet de ce blog 🙂 )

Arroser son potager - Blog transitiongourmande.com

Je disais donc la saison d’été débute à la mi-mai jusque mi-octobre avec un pic je dirais entre fin juin et début septembre. Bref, pile poil pendant les vacances scolaires…

Donc si tu pars 15 jours pendant cette période, en plus d’assurer un bon paillage, il va falloir penser à un plan B : demander à la famille, à des amis, aux voisins, une collègue sympa de venir arroser le jardin. Pour remercier cette âme charitable, tu lui donneras l’autorisation de récolter les fruits et légumes mûrs pour sa propre consommation. Si tu ne peux compter sur personne, alors il serait bon d’investir dans des oyas (pot en argile rempli d’eau que l’on enfoui dans le sol mais pour 15jours ça risque de faire short…) ou dans un système d’irrigation (on en fait maintenant des basiques faciles à installer et pour pas cher). Je te parlerai de la gestion de l’eau dans un prochain article.

Je t’invite aussi à lire l’article ‘La gestion de l’eau au potager‘.

En te questionnant déjà sur ces 5 points tu t’assures de commencer dans des conditions favorables à une bonne récolte et ce dès la première année. Et çà les Greenies, c’est la récompense ultime, la source de motivation suprême, celle-là même qui te donneras envie de rivaliser avec Beyonce sur le dancefloor 🙂

Fais-moi part de ce qui te limite le plus, j’essaierai de te conseiller,

A très vite les potagistes !

Valérie

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